J'ai l'inspiration. C'est plutôt rare alors je vais en profiter. Évidemment il faut qu'il soit une heure du matin pour ça mais bon, je vais faire avec.
Je ne sais pas par ou aborder le sujet, il est tellement vaste.
Je pars, voilà, c'est décidé. Je quitte Perth et Fremantle malgré le grand amour que je ressens pour cette ville. Je pense que je vais être très triste car c'est une partie de l'Australie que j'ai beaucoup apprécié.
Pourquoi est ce que je pars ? Car, je cite, " Nous ne sommes que des passants ". Je ne suis pas censée rester éternellement ici, bien que j'en serait réellement ravie. Depuis que je suis arrivée tout m'a plu. Tout d'abord northbridge, son architecture, la piazza avec le grand écran, la bibliothèque, les énormes cafard la nuit ( c'est rigolo ), les bières gratuites ( héhé ). Après je me suis dirigée vers Fremantle, une ville vraiment magnifique, avec des gens extraordinaire. Je ne sais pas pourquoi, elle pourrait ressembler à n'importe quelle autre ville mais NON. Ici il y a une âme et une volonté de faire le bien. Ma famille m'a réellement accueilli magnifiquement et m'a offert beaucoup de choses. J'y ai rencontré mon coloc avec qui j'ai passé des moments sympa, malgré nos différents sur le ménage. Et j'ai aussi appris que l'humain pouvait prendre le pas sur des notions matérielles. Qu'une maison n'était avant tout que chaleureuse par l'atmosphère que les gens qui y vivent nous procurent.
Mais finalement ou est ce que je me rend ?
Une voiture, un hollandais,une allemande et moi même nous rendons à Adelaide. Nous passons par le bush, le vide. L'énorme vide. Cela me plaît tellement que j'en ai les yeux humides car trop de joie s'est emparée de mon esprit. Je pense que réfléchir va être ma perspective au long de ce roadtrip. Tout d'abord parce que la route nous fait nous poser toutes sortes de questions. Mais qui suis-je au milieu de ce vide, cette éternité si magnifiquement indescriptible ? C'est un lieu de paix que de trouver un espace sur terre ou l'homme n'a pas planté son arme puissante de destruction. Ou l'homme n'a pas osé construire car la nature est bien trop puissante.
Vous savez, pour dire vrai, je crois qu'avant ce voyage je me demandais encore qu'est ce que j'allais faire en Australie. Mais maintenant je sais de plus en plus pourquoi. Parce que je veux sortir du système qui nous contrait à devenir des personnes que nous ne désirons pas être. Pourquoi ne pas continuer à avancer sur la route ? Nous avons toute notre vie pour découvrir le monde. Notre maison n'est pas notre lieu de naissance, notre maison est la planète terre. Peut-importe ce que quiconque pourra bien dire à propos des cultures. L'homme reste et demeurera un homme, ou qu'il se trouve. L'homme sait s'adapter.
Pourquoi attendre de nos quotidiens qu'ils soient moroses ? Il suffit juste de décider, un jour, de partir. Et à partir de ce moment là, nul ne peut regretter son choix.
Tous les gens que j'ai rencontré jusqu'à présent ont pratiquement déjà voyagé à travers le monde entier, très jeune la plupart du temps, avec leurs parents. Je pense que si nos parents ne nous initient pas au voyage assez jeune, il nous est compliqué de partir plus tard. J'ai eu l'opportunité d'avoir déjà pas mal voyagé et je remercie mes bien aimés parents ( enfin ça dépend quand ;) ) de ce cadeau énorme.
Si vous lisez cet article et que avez des enfants ( je ne sais pas très bien à qui je m'adresse, mais disons, quelconque liras cet article se sentira visé ) je vous en prie, voyager n'est pas si difficile.
Les gens font trop d'enfants et se privent de ce pouvoir énorme car après ils se doivent de consacrer tout leurs temps et argent à ces petites bêtes. Avoir plusieurs enfants est un bonheur pour certain, mais en faire voyager un seul doit être tellement plus merveilleux. Peut-être que je dis ça parce que je suis fille unique et que j'ai eu cette opportunité. Mais, de toute façon, je ne veux pas d'enfants. ( Oui je sais, maman, tu disais pareil à mon âge .... )
Pourquoi je suis partie sur le sujet des enfants alors que j'étais partie pour expliquer en quoi consistait mon road trip ? Aucune idée.
Bref,
je vais fêter Noel en plein désert, et très probablement le nouvel an. Je pense que c'est un souvenir que je vais garder dans ma mémoire à vie. Ces deux fêtes, tellement prisées de tous les commerces, tous ces trucs un peu superficiels tout compte fait, vont être réduits à .... la route, le ciel, la terre et peut-être un ou deux arbres. C'est tout de même un peu un choc ! Car j'aime de plus en plus tout ce qui est décoration de Noel, esprit de Noel etc... mais finalement ... À quoi bon ?
N'est-ce pas le plus beau cadeau que de se retrouver face à nos propres cellules dans l'atmosphère ?
Je m'y vois déjà, ça m'effraie. Je n'ai pas dit que j'étais très sereine, simplement que ça m'émerveillait déjà.
La peur me guide, elle est source de mon adrénaline. Un jour j'ai lu " Le voyage est une drogue pire que l'héroïne. ". Même si je trouve cela un peu tiré par les cheveux, je trouve que cette image est jolie, malgré la décadence qu'elle inclue.
Ma chère Chab,
RépondreSupprimerJe suis actuellement sous ma couette (deux en fait), terrassée par le rhume (si si, te moque pas, le vrai rhume qui te met à plat pendant trois jours et t'oblige à bouffer de la soupe et à boire des tisanes dégueu... Tu connais ma mère-bio!) Donc j'ai enfin le temps de t'écrire puisque je suis en vacances ET en quarantaine, car évidemment je voulais prendre le temps de faire ça bien. Et maintenant que je suis face à mon clavier, je ne sais pas bien quoi dire. Te parler de quoi, des cours ? Ben voilà, lettres sup c'est rien qu'une année de terminale en mode intensif au final. Tu t'appelles "hypokhâgneuse" parce que c'est censé faire classe, mais en fait ta vie c'est rien de plus simple que de lire des bouquins à n'en plus finir, écrire des pages doubles par heures de cours (en prise de note !) et se taper une demi-heure d'exposé oral & 4h de dissertation par semaine. Je sais que certains y vont pour ça, et uniquement pour ça. Je les vois se démener pour préparer leurs concours, jouant des coudes et battant des bras pour entrer dans de grandes écoles censées leur apporter la certitude d'une bonne situation sociale et financière future. On dirait que rien d'autre ne compte pour eux. Obsédés par le futur et ne s'arrêtant pas une seconde pour réfléchir à la façon dont ils sont en train de devenir des adultes, ou à toutes les choses à côté desquelles ils passent. J'exagère un peu je crois. Je ne sais pas.
Mais j'ai appris pour ma part qu'emprunter des chemins qu'on n'aurait pas choisi soi-même peut être extrêmement formateur. J'ai plus grandi en quatre mois que jamais dans ma vie. Pas parce que je suis assise sur une chaise et que j'apprends tout un tas d'informations dont la plupart ne me serviront pas, mais parce que tous les jours je me bats contre mes démons, et chaque matin est une nouvelle chance de devenir une personne meilleure que celle que j'étais hier. Plus déterminée. Plus forte. Plus combative. Plus organisée. Plus ouverte. Plus douce. Plus tout. Tu sais, ce moment où tu penses abandonner, et où tu te rappelles la raison pour laquelle tu as tenu si longtemps. Ce moment où tu ne te bats, non plus pour toi-même, mais pour tous ceux qui ont abandonné à un moment de leur vie. Où tu donnes le meilleur de toi, non pas parce que tu te sens forte, mais pour tous ceux qui ne l'ont pas fait.
J'ai l'impression d'être pressée et bousculée de tous les côtés, et ça m'affermis considérablement. Je ne sais pas comment te décrire... Je vais te retranscrire une page de mon carnet, qui date du début de l'année, quand j'étais encore dans la période -choc- :
"C'est un tout, un ensemble, une déception surtout. La constatation générale d'une fille de 17 ans qui passe d'un lycée d'artistes à un lycée de bosseurs. Qui passe d'un cercle d'amis authentiques, vrais, pétillants, à une foule d'inconnus impossibles à décoder, impossibles à comprendre. Je me noie dans cette masse, je me retrouve comme une étrangère découvrant une autre planète. Et là vient la navrante constatation que les gens vrais semblent ne plus exister. Ils se réduisent à quelques lueurs vacillantes dans l'obscurité, restes d'une comète autrefois si brillante... De nos jours plus personne ne semble connaître le mot "valeur" . Je suis assise sur un muret, seule, en train d"écrire, et deux garçons passent. "Wesh meuf tu veux pas sortir avec mon pote ?" .
RépondreSupprimerJe suis née à la mauvaise génération. À la mauvaise époque. Peut-être que Nathanaël a raison. Peut-être que je suis orgueilleuse. Que je me crois meilleure, au-dessus des autres. Il pense qu'au fond ça me plaît d'être ici, dans cet endroit que je déteste tant. Il dit que ça me plaît d'avoir l'air différente. Je crois qu'il touche juste, au fond. Je préfèrerais mille fois être autre part, mais en étant ici je me sens comme je ne me suis jamais sentie avant. Être dans un endroit qui se heurte autant à mes goûts et à mes opinions me donne de l'assurance, parce que je suis obligée de me battre tous les jours pour affirmer qui je suis. J'ai l'impression pour la première fois de ma vie de valoir quelque chose. Moi, en entier."
Bordel je viens de renverser ma tasse de tisane dans mon lit. MAJEUR ! (Façon plus élégante de dire fuck ;) )
Tu vois je suis contente parce qu'au fond cette année de prépa elle me plaît. J'ai vraiment des profs de qualité (c'est fou sérieux, je crois qu'il y en a pas un qui ait pas publié un livre sur sa matière, voire plusieurs !) , j'aime bien ce qu'on fait (sauf mon cours de philo sur la science, putain ça c'était un supplice... J'en ai bouffé des axiomes et des révolutions scientifiques. Et surtout, j'en ai fait des dessins ;) En plus notre abrutie de prof a sa manière bien à elle de nous donner des disserts sur un cours qu'on a pas fait, et de faire le cours APRÈS. Cherchez l'erreur) , et puis franchement j'ai des bonnes notes (sauf quand je révise à l'arrache, genre en latin. Là ça fait mal en général.
Ou pour les khôlles de Lettres. Aïïïe, ma bête noire... Ce prof est horrible en khôlle, on ressort tous en chialant mdr, c'est hyper frustrant de donner ton max et de t'entendre dire que t'as rien compris au sujet. YES !) .
RépondreSupprimerEt les cours de langue sont EXTRA, parce qu'on est que 4 (3 en anglais spé) , et que c'est du bonheur. Je te jure j'ai l'impression que c'est ma première année d'allemand, une tue-rie ! Ah oui, ça aussi il faut que je te le dise, l'année prochaine je fuis Bertho (ils peuvent se la mettre dans le derche leur année de khâgne, je cite "trois fois plus éprouvante que l'hypokhâgne") et je pars pour deux ans en Allemagne :) J'ai trop hâte. Jumelage avec l'université de langues de Strasbourg et je vais à Freiboug suivre mes cours en allemand avec Erasmus. Autrement dit, je compte bien finir trilingue français-anglais-allemand ! En plus Freibourg quoi, la ville trop cool pleine de verdure. Au fait, mon frère se marie cet été à avec sa fiancée écossaise :) (Je suis demoiselle d'honneur, j'espère que les robes seront pas roses, PITIÉ) . Donc je vais retourner à Straaaaasbourg ! Et aussi en Coooooooooooooooooooooorse. Et là dehors c'est la tempête, ma fenêtre vient de s'ouvrir toute seule et le vent hurle, Chab ce bruit de pluie battante... Si j'étais pas clouée à mon lit je foncerais dehors. (Raison pour laquelle je suis malade d'ailleurs... Rester sous la pluie en décembre c'est pas tout à fait pareil qu'en Juin hum)
Je vais achever mon roman en te disant que tu me manques. Je suis retournée à Baudelaire le mois dernier et c'était assez décevant, c'est fou comme l'âme d'un endroit s'en va dès que les gens qui le font vivre s'en vont aussi. (Je suis quand même tombée sur madame Maria et ça, c'était trop bien) Sinon que dire d'autre ? L'avantage de bosser beaucoup c'est que tu te mets à apprécier considérablement les moindres moments de libre et que tu sais mieux aller à l'essentiel, et aussi tu n'as pas le temps d'être amoureuse haha, et ça c'est cool. En parlant de ça j'ai vu Yvan à la Fnac la semaine dernière, c'était choquant. Je vais en Écosse en février, voir mon frère. Je me mets à balancer tout un tas d'infos, je suis désolée mais mon cerveau n'est pas trop en état de trier. Je suis heureuse de voir que tu es toujours autant... toi, et que ce voyage te fait grandir aussi. Personnellement, l'Australie me tente ;)
Good night, sleep tight, don't let the bed bugs bite. X
Je t'aime ma Chabichou
P.S : Bon, je ne suis pas sûre que ton blog soit l'endroit idéal où dire tout ça mais j'ai pas fb, mon skype bug depuis des mois, on a pas su me dire si t'avais une adresse mail ou si tu y allais, alors voilà :)
RépondreSupprimerP.P.S : Ann and Pat are very bad at maths. ♥
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