samedi 2 février 2013

8$, voilà le prix que ça me coûte pour avoir le droit à deux heures d’internet à l’endroit où je réside, qui est déjà hors de prix. Nous sommes le vendredi premier février et chaque nouveau mois est pour moi comme un nouveau départ. Le temps passe si vite et si lentement. On ne sait que choisir quand on se retrouve entre les deux. Ce temps qui nous assaille, assassin de la moindre de nos envies. L’argent et le temps , deux notions que le voyageur se doit de caresser dans le sens du poil pour ne pas se retrouver démuni.
Newcastle, c’est le nom de la ville dans laquelle je me trouve à présent. J’ai été accueillie par une averse assez impressionnante de pluie et par un ciel très menaçant. Cependant, ce ciel hurlant à attiré toute mon attention et celle de mon objectif.
Il était dans les environs de trois heures quarante cinq de l’après midi, et je n’avais pas mangé depuis ce matin, j’ai donc décidé de me rendre dans un tout petit supermarché (comparable à ceux des stations essence en France ) et j’ai acheté deux, trois trucs. Bon d’accord c’était juste pour stopper mon ventre qui se tordait de douleurs plutôt que pour me nourrir. Le vendeur m’a donc alors parlé, c’était assez étrange. Un peu comme une scène de film que le réalisateur aurait supprimé. J’avais mon appareil photo accroché à mon épaule, et le vendeur l’a alors regardé et m’a questionné sur quelle marque etc..
J’ai alors été surprise de sa question. Ensuite il m’a demandé si il pouvait voir la qualité des photos, je lui ai alors prêté l’appareil ( je me doutais bien qu’il allait pas partir en courant avec car il avait une caméra au dessus de lui… ). Et là il m’a pris en photo, et je ne sais pas pourquoi, j’ai trouvé ça assez rigolo comme situation.
Vingt quatre jours exactement avant mes cinq mois en Australie. Chaque mois de plus est comme un record à marquer d’une croix. Car plus le temps avance, plus nous sommes confrontés à certains problèmes tel le manque, la fatigue qui s’accumule, le manque d’argent et ces petits «  détails »..
Je ne sais pas pourquoi, au début de mon voyage, j’avais tellement à dire, j’avais une concentration impressionnante d’idées tous les jours, j’en disais même parfois trop, des informations futiles…
Depuis que je suis partie de Perth pour faire mon road trip, c’est comme si plus rien ne me surprenait. Et en fait, ça ne devrait pas être le cas. La chose que je reprochais le plus souvent à Edwin était le fait qu’il ne s’émerveillait pas des choses qu’il voyait. Par exemple un jour, il y avait un coucher de soleil que je trouvais sympa et quand je lui ai dit il m’a répondu : «  De toute façon, j’ai déjà vu tellement de beaux coucher de soleil que maintenant ça ne me fait plus grand chose ». Et ça m’a déçue. Je me suis demandée si moi aussi j’allais dire ça un jour. Et je crois que non. Je crois que même si on a déjà tout vu dans le monde, voyagé dans tous les pays, rencontré une tonne de gens, on se doit de continuer à tout trouver exceptionnel. Juste parce que c’est pour cette raison que l’on continue de voyager. S’ÉMERVEILLER. Quoi de plus beau que cette sensation qui utilise tous nos sens ?
J’aimerais que vous, qui lisez, voyez ce que je vois. Parfois j’aimerais transmettre tellement de choses. Envoyer les odeurs et les images qui me construise, et qui finiront par me détruire. Car oui, ces souvenirs vont finir par me manquer, un jour ou l’autre. Mais peut-être que je me dois d’être plus optimiste et de penser que ces belles choses, je les aie vues de mes propres yeux. Elles sont présentes en moi, elles font parties de ce que je suis et que je ne dois pas regretter de ne plus les voir. Je crois que c’est important de voyager pour être en face de la personne qui fait partie de nous. En se retrouvant seuls face à nos propres envies, nos propres décisions ; nous comprenons dans quel sens les choses doivent se diriger.
J’ai beaucoup à dire finalement. C’est toujours difficile de commencer mais une fois que la machine est partie, elle ne peut plus s’arrêter.
Ce que j’ai entendu le plus souvent dans mon voyage est une remarque à propos de mon âge car ayant voyagé avec des gens souvent plus âgés que moi, je leur ai souvent demandé quelle différence ils voyaient par rapport à l’âge.
La réponse dans quatre vingt dix neuf pour cent des cas. Life experience.
L’expérience de la vie. Je crois que je dois grandir, en effet, pour comprendre réellement ce que l’on veut me dire par là. J’ai beau essayé de chercher, je ne comprends toujours pas. Peut-être est-ce en rapport avec les études, les galères, l’amour, et ces choses là ?
Mais qui sont ces gens pour savoir ce que j’ai vécu dans ma propre vie ?
Pourquoi on devrait juger la vie de quelqu’un avant de la connaître ?
Peut-être que je dirais cela quand j’aurais 27-30 ans et que je regretterais d’avoir un jour prononcé ces mots.
En fait, je crois que ça m’a fait de la peine. Car j’ai l’impression d’avoir vécu déjà beaucoup de choses. Des souffrances et des moments plus heureux qui m’ont achevée ou construit.
J’sais pas moi, j’ai l’impression de penser comme eux….
En plus, la plupart du temps c’est énoncé comme un reproche que l’on me fait.
J’espère que je comprendrais plus tard, le pourquoi du comment.
Parfois j’ai l’impression que l’on en veut aux jeunes d’être trop jeunes. Moi j’trouve qu’on devrait leurs donner une opportunité, n’importe quand. J’crois aussi qu’on peut apprendre quelque chose.
Il y a une chose dont je suis certaine c’est que toute notre vie, nous apprenons quelque chose de nouveau tous les jours. Même si nous ne nous en rendons pas compte. Un nouveau mot, une nouvelle expérience, une nouvelle langue, des nouveaux caractères…
Et que certaines personnes apprennent parfois plus vite et d’autres choses !
Prenons un exemple.
Un enfant qui a vécu dans la jungle, ou le désert et dois parfois marcher des heures pour trouver à manger ou de l’eau pour survivre. Je crois que je serais capable de dire que cette personne à plus d’expérience de la vie que moi même. Car elle s’est trouvée dans des conditions de survie. Devoir penser à sa propre mort en étant enfant et être parfois orphelin.
Peut-être que j’ai tord, mais c’est mon point de vue.
Je ne sais pas pourquoi j’entre toujours dans les sujets jusqu’à en creuser le moindre point. Je réfléchis trop, on me le dit souvent. C’est ce qui la plupart du temps m’empêche de dormir, de me concentrer sur des leçons, ou même de lire un livre. Quand je pars dans un sujet, je peux le retourner dans tous les sens jusqu’à trouver une solution au problème. La plupart du temps, il n’y a pas de solution et c’est un peu le problème. Si vous posez la question, cette répétition de mots est faite exprès.
Nous sommes le premier février deux mille treize mais bientôt le deux février. Un nouveau jour, nouveau départ, nouveau moi.
Pas vraiment.
C’est toujours une suite d’événements. Même si on aimerait gommer le pâté sur la feuille, le stylo est indélébile. C’est ce que l’on appelle la vie. Je vous souhaite de passer une bonne journée, ou nuit, et je le pense sincèrement.

 Mais c’est peut-être l’humain qui est comme cela après tout.
Trois pages et encore cinq pour cent de batterie. J’aimerais pouvoir m’arrêter mais je n’y arrive pas. Dès fois je m’amuse à chercher des titres de livres que je pourrais écrire et je trouve que la première phrase de ce petit texte le fait bien.
Quatre pour cent. C’est comme si on me forçait à m’arrêter d’écrire pour aller mettre mon chargeur d’ordinateur dans la prise. C’est traître.

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